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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 18:57

Par F.Salenko - Recommander
Aujourd’hui, nous pouvons être fiers. Nous, étudiant de l’école d’État (l’université française) faitsons vibrer son pilier fondamental qui constitue l’archétype de notre société française. À savoir, la grève.

Depuis décembre, plusieurs universités sont touchées par ce mouvement qui s’oppose notamment à la masterisation des concours enseignants. Mais pas seulement, en ligne de mire également, la loi sur la LRU censée donner l’insupportable touche entrepreneuriale aux universités.

L’université française n’était pas brillante, elle s’oriente vers un saut sans élastique.
Pourtant face à ce phénomène de transition qui apparaît intolérable pour certains, semble nécessaire pour d'autres. Quelle est l’orientation qui permettra d’extraire cet enseignement de l’impasse ? Pourquoi tant de divergences entre étudiants ? De quoi a besoin réellement l’université ? Pourquoi un tel prolongement dans la revendication qui va jusqu’à réclamer une refonte du lien politique de l’université ? (peut-on manifester pour une augmentation du pouvoir d’achat et des bananes plus faciles à éplucher ?)

Pour bien commencer, posons-nous la question du but de l’université ? Si sa nature est de former l’individu au monde professionnel afin de devenir autonome il est normal que celle-ci s’entreprenalise (excusez-moi pour le barbarisme). Le problème est qu’aujourd’hui des individus ne voient qu’en elle un lieu pour cultiver son savoir sans penser à un réel aboutissement. La lutte intestine que se livrent ces deux populations décidera de la nature de nos universités.
Toutefois, le temps qu’une sortie de crise soit trouvée un circuit parallèle se construit qui vient récupérer les individus qui ne sont pas convaincus par ce haut lieu de savoir considéré comme généraliste et donc inapplicable dans le monde professionnel. On les appelle écoles de commerce en ce qui concerne le management et l’économie, et d’ingénieur pour les filières spécifiques.

La différence entre ces deux institutions ? Le prix de la formation. Bien évidemment, j’en vois déjà scandaliser par la comparaison et - bien évidemment - des établissements se démarquent comme HEC ou Ponts et chaussées. Cependant, ils appartiennent à un autre cycle. Non, les établissements dont je vous parle sont ceux pour lesquels on voit les publicités dans les métros. « Osez devenir ingénieur », « établissement agrée par l’État. » Cela ne vous rappel rien ? il n’est pas étonnant de voir se développer des formations alternatives qui avec plus de ressources ne talonnent pour autant pas, avec les plus grands enseignements que l’on prodiguent en faculté.

L’université française déjà souffrante selon les classements internationaux des institutions pédagogiques supérieurs, continue son plongeon sous-marin grâce aux conflits sociaux dont elle est victime. Si aujourd’hui le Master (bac +5) ne constitue plus une sécurité pour l’emploi, c’est qu’il y a problème et que des réformes sont nécessaires. Bien malin sera celui qui trouvera la solution satisfaisant l’ensemble des populations ; mais si aucune mesure n’est trouvée, ce sera la fin du système universitaire comme on le connaît aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que l’univers concurrentiel dans lequel nous évoluons ne favorise pas les moins bien lotis comme il semble que ce soit le cas pour les universitaires. Les stages qui deviennent de plus en plus durs à trouver, le diplôme des IAE qui pourraient s’acheter (http://www.lexpress.fr/actualites/1/trafic-presume-de-diplomes-le-directeur-de-l-iae-de-toulon-refute-toute-corruption-massive_754459.html) les grèves continues qui font qu’aujourd’hui certains étudiants vont passer leurs diplômes SANS AUCUNE FORMATION fait qu’aujourd’hui une école (peut importe laquelle) un tant soit peu sérieuse est préférable. Est-il possible de militer pendant plus de cinq mois et étudier en même temps ? Certains répondront qu’il faut faire des choix et à ceux-là je les invite à se présenter en temps que représentants politiques.

Les universités américaines ne sont peut-être pas l’exemple à suivre, elles restent celles qui a formé le plus de candidats aux prix Nobel. Certes, nous sommes loin de la réalité et à vrai dire je suis contre une université qui deviendrait une société financière. Je suis également contre la masterisation des concours enseignants. Mais depuis le temps que les étudiants quémandent une apparition commerciale dans leurs établissements, quoi de plus choquant que l’entreprise devient actionnaires (je lâche le mot exprès pour vous embêter) d’universités pour des étudiants qui étudient l’économie, la gestion et le management ?

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 17:17

Par F.Salenko - Recommander

La crise est un caractère incontournable de nos sociétés qui a démarré avec l’humanité. Alimentaires, politiques, juridiques, aujourd’hui les plus endémiques semblent économiques ou plutôt financières.

 

Je vous propose de commencer par l’écoute de ce petit document audio :

 

http://www.koreus.com/audio/rmc-christophe-colere-crise.html

 

Alors que les hedges funds poursuivent leurs ascensions de leurs profits sur une bourse plus qu’instable, nous avons donc deux systèmes, deux personnes, deux vitesses. S’il semble nécessaire de se poser des questions, nous ne parvenons pas à nous poser les bonnes.

On ignore encore si le G20 auquel nous avons eu le droit a été la réussite d’une entente entre nos gouvernements, ou une réussite permettant une sortie de crise.

 

Quoi qu'il en soit, Continental continue de fermer ses usines, des personnes se retrouvent sans emplois et le pouvoir d’achat va donc être réduit. Si la relance par l’investissement est bloquée par les banquiers qui refusent d’octroyer des emprunts, la relance par la consommation aussi puisque plus personne n’aura ou n’a d’emplois (et donc plus d’argent). La déflation serait-elle la solution ?

Aujourd’hui, la conjoncture s’oppose à toutes les solutions qu’on lui propose ; même les rachats des créances douteuses ainsi que des actifs toxiques par des aides financières des gouvernements (700 milliards de dollars par Bush, 450 milliards pour la Chine.) se perdent dans le renversement de primes à leurs cadres. Cela ne reste qu’une partie, mais entre la nécessite de rémunérer leurs actionnariats, leurs infrastructures ainsi que leurs activités, quelle part restera-t-il pour le rachat de ses dettes issues en partie des SubPrime, qui détériorent la confiance des investisseurs.

 

Christophe que l’on entend sur RMC est légitimement en colère. Néanmoins, contre qui protester aujourd’hui ? Les banquiers, ne font qu’appliquer un système mathématique de compatibilité dans le respect des lois financières qui ne sont, par conséquent pas celle des hommes. L’informalité de notre ennemi nous pousse à des actions individuelles pour sortir la tête de l’eau alors que la crise financière internationale est issue de la MONDialisation.

 

J’ai entendu sur France-Inter la semaine dernière que le salaire des patrons était trente fois supérieur au salaire moyen des employés de son industrie en 1980. Aujourd’hui il est sept cents fois supérieur. La recherche déontologique du salaire n’est peut être pas la question la plus importante, mais elle reflète l’état des inégalités existantes entre ceux qui peuvent modifier et ceux qui ne peuvent rien. De maniérer générale, l’écart entre les nantis et nos cols-bleus plombe le moral collectif augmentant les mouvements sociaux et réduisant ainsi l’activité économique tellement essentielle en ces temps.

 

Mais pourquoi, pourquoi, le système financier a-t-il pris une telle ampleur ces dernières années ? Comment avons-nous réussi à convaincre nos cadres d’accepter des stocks option (actif peu liquide) au titre de primes ? Il est clair qu’aujourd’hui la sphère financière représente une part énorme de nos sociétés qui est vu aujourd’hui comme un enjeu monétaire cause et solution des richesses et pauvretés de la mondialisation actuelle.

 

Il semble que l’une des raisons soit démographique : La période des trente glorieuses est finie. Terminé l’insouciance des études pour trouver un travail, le moral des populations (occidentales tout au moins) le prouve. L’apparition de contrat hyper flexible comme le CPE, la remise en cause des 35 heures, le travailler plus pour gagner plus, font clairement comprendre le marasme qui subsiste sur notre marché du travail. Ce manque de dynamisme évident justifie le fait qu’une majeure partie des flux monétaires se soient orientés vers la sphère financière permettant donc un nouveau type de rendement : Aujourd’hui nous accueillons ce que nous appelons la période de papy-boomer ; légions de retraités à la recherche d’une retraite confortable : Fond de retraite, capitalisation, tous les atouts sont bons aujourd’hui pour cette population inactive qui fait travailler les marchés boursiers et par ailleurs le rendement sur le fameux court terme.

 

Nous n’allons pas faire la plaidoirie d’une caractéristique démographique, mais l’absence de jeunesse dans notre Europe ainsi que d’esprit entrepreneurial fait ce qu’elle est aujourd’hui : une croissance française qui palpe les 2% AU MIEUX de sa forme.

 

La solution que je proposerais en toute modestie serait l’aide de l’entreprise individuelle. Certes, il n’est pas possible de négliger les grands groupes financiers qui ont surinvesti dans des branches essentielles de l’économie (d’ou un évident problème de régulation), mais si les PME qui représentent la plus grosse part de l’emploi en France ne parviennent plus à fournir des salaires aux populations, alors la crise de confiance déjà fortement présente se pérennisera et ni la relance par l’investissement, ni la relance par la croissance ne sera possible. Les entreprises doivent recentrer leurs efforts sur leurs productions - raison de leurs existences - avant de se lancer dans diverse OPA ou prises de participation dans des entreprises aux activités étrangères à la leur. Une nouvelle gouvernance apparaît nécessaire.

 

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