Mercredi 29 avril 2009
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La crise encore et toujours aura réellement bouleversé nos modes de vie. Elle vient de rompre avec 60 ans d’une « certaine » stabilité
économique. En effet, qui pensait encore il y a quelques années que seule la guerre pourrait faire chuter le cours de la pierre ?
Le bon vieux temps. Époque explicitement terminée, nous parvient à nous étudiants comme une période paradisiaque où il a semblé possible de pouvoir changer de travail comme de chemises sans que
cela pose le moindre problème. Impensable aujourd’hui. Doit-on pour autant penser que nous nous engageons dans un monde ultra compétitif où il faudra s’armer d’un doctorat pour postuler à un
poste de direction ?
Ironie dans mon propos quand on sait les difficultés que rencontrent les doctorants pour trouver un travail.
Pourquoi ces gens surcompétents ne sont pas capables de trouver un poste qui leur conviendrait ? Effraient-ils les entreprises ? Sont-ils surqualifiés ? Ne sont-ils pas assez compétents ? Ou tout
simplement est-ce l’université qui n’est pas capable de remplir son contrat social qui est de former les individus à un emploi ?
On pourrait répondre que oui si l’on considère le nombre d’individus qui candidatent aux écoles de commerce parce qu’elles offrent la promesse d’un avenir meilleur. Pas moins de 60 places pour
environ 1000 candidats à l’EDHEC, soit une statistique plus difficile qu’en médecine. Seulement, il serait erroné de se cantonner à cette étude, car quand je demande à ces mêmes étudiants ce
qu’ils désirent devenir ils n’en ont, pour la plus part qu’une vague idée.
Prenons un peu de recul : si l’on considère qu’une école de commerce propose exactement les mêmes cours qu’une université (leurs professeurs sont simplement bien mieux payés), la différence se
crée uniquement sur l’élitisme de ces concours. Je vais être un peu provocateur, mais quand on voit ce qu’ont réalisé ces élites de la finance en ce nouveau millénaire on peut douter de la
question. Mais à ceux qui sont convaincus que seule la formation sélective des écoles permet d’accéder au prestige, je réponds avec plaisir qu’ils sont dans l’erreur (cette idée donnera lieu à un
nouvel article.)
Mais revenons à notre université. Aujourd’hui considérée comme l’étendard de la revendication et d’une génération de feignants, elle est devenue le bouc émissaire d’un monde malade gangrené par
son incapacité à s’accomplir : À l’heure actuelle, même avec cinq années d’études nous doutons de notre possibiliste à nous vendre. Mais l’université était-elle réellement responsable ? Ma maman,
ma grand-mère (je suis très maternel) et même des gens que je ne connaissais pas, affirmaient que seules les études me sauveraient de la marginalité. Aujourd'hui, je peux leur répondre que c’est
faux ! Pourquoi m’ont-ils dit ça ? Peut-être que s’ils ne m’avaient rien dit je serais devenu plombier et riche avant l’heure. Pourquoi cette génération m’a dit d’aller en cours alors
qu’eux-mêmes à la période des trente glorieuses l’autodidacte était roi ?
Il semble que le problème ne soit pas les études, mais notre capacité à mettre en adéquation une formation avec un projet professionnel. Quel problème rencontre les professionnels ? Des jeunes
peu motivés, pas emballés par leurs métiers parfois conjugués à des problèmes d’absentéisme. Regarder le nombre d’étudiants qui s’inscrivent en première année universitaire et qui arrêtent en
cours d’année ? Pourquoi n’inscrirait-on pas aux portes ouvertes des universités « Savoir sans vouloir ne crée pas de pouvoir » ? Le problème que nous rencontrons est peut-être le manque de
vocations. Certes, il existe des professions qui nécessitent une première approche pour devenir un sacerdoce (comme développeur d’affaire chargé des grands comptes, ou ingénieur mobile dans
l’électrotechnique embarqué), mais le trop grand nombre d’étudiants s’orientant vers des chemins trop spécialisés crée l’engorgement malsain qui rend inutile toute la formation préalable (Cf. le
nombre d’étudiants qui s’engagent dans les filières histoire de l’art, art et spectacle, anthropologie et musicologie.) La question n’est pas de remettre en cause le choix des individus, mais de
correctement les y préparer, et ce, bien avant l’université.
Et c’est peut-être pour cela qu’à juste titre des individus qui se sentent leurrés par le système s’en prennent à l’université parce qu’à une époque on leur a promis que leurs efforts seraient
récompensés. L’université qui prône l’enseignement supérieur pour tous atteint sa limite quand une masse d’étudiants vient y frapper à sa porte et ne pratique aucune sélection. Faute de
moyens.
Actuellement, ce serait une erreur de modifier structurellement cet ancien organisme même si des ajustements pourraient y être opérés (comme une petite sélectionne à l’entrée pour des filières
spécifiques : 20 places pour devenir psychologue contre 300 candidats… en Master ! On annonce à 280 candidats qu’ils devront repenser leur avenir 4 ans après le Bac.)
L’ascenseur social en panne (pour peu qu’il est vraiment existé un jour), la fin du dialogue social, la montée de la défiance et des incivilités ainsi qu’un marché de l’emploi qui stagne font
clairement apparaître une nécessité de refondre notre système politique éducatif. Ce n’est pas qu’il est imparfait, il est juste dépassé (Cf. classement international des universités)
L’éducation qui est le berceau de la croissance doit former des motivations et des projets et non plus des cultures générales.
Par F.Salenko
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