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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 11:09

La richesse rend-elle heureux ?
[ 14/09/2009 - 07h18 ]

La commission Stiglitz-Sen remet aujourd’hui, en Sorbonne, son rapport à Nicolas Sarkozy sur la « mesure de la performance économique et du progrès social ». C’est l’occasion se pencher sur le lien entre le niveau du Produit Intérieur Brut et la perception subjective du bien-être ou du bonheur à la lumière de recherches récentes.

Le paradoxe d’Easterlin a longtemps dominé le débat sur cette question. Ce paradoxe indique que si, à l’intérieur d’un pays, les riches se sentent plus heureux que les pauvres, entre pays, le niveau de bonheur moyen n’est pas corrélé avec le PIB dès que ce dernier a franchi un certain seuil. L’explication standard de ce paradoxe est la suivante : à l’intérieur d’un pays, le lien positif entre le sentiment subjectif de satisfaction et le revenu reflète essentiellement l’obsession des individus de se comparer entre eux. Si les individus avaient assez de recul et de sagesse, ils déduiraient de la comparaison entre pays que la richesse n’accroît pas le bonheur.

Des travaux récents de Justin Wolfers et Betsey Stevenson ou encore d’Angus Deaton ont montré que le paradoxe d’Easterlin n’en était pas un. Bénéficiant de nouvelles données couvrant un plus grand nombre de pays et corrigeant des erreurs méthodologiques dans les travaux antérieurs, ces auteurs établissent très clairement que la relation est de même nature à l’intérieur des pays et entre pays : le niveau de satisfaction subjective est positivement corrélé au revenu. Le graphe ci-dessous résume ces travaux.


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Il est important de noter que ces résultats ne s’étendent pas au lien entre la croissance du revenu moyen et celle du bonheur moyen à l’intérieur d’un même pays. Si l’Américain riche est plus satisfait de sa vie que l’Américain pauvre, l’Américain « moyen » n’est pas significativement plus heureux aujourd´hui qu’il y a trente ans. De plus, d’autres indicateurs moins subjectifs, comme l’explosion de l’obésité ou le doublement du taux de suicide des jeunes entre 1950 et 2008 aux Etats-Unis, laissent largement ouverte l’interrogation sur les liens entre la prospérité et la qualité de la vie dans la société moderne.

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