Dissertation qui tient sur une copie double.
LE COMMERCE PEUT-IL CONSTITUER UN REMEDE A LA GUERRE ?
Proudhon a défini la guerre comme étant un conflit armé alimenté par l’animosité entre deux populations. Les hommes ont toujours fait la guerre et l’idée d’un remède potentiel semble encore
relevée de la science-fiction aujourd’hui. Pourtant, le déchirement et la souffrance que cette maladie implique nécessitent la réflexion d’un traitement. En 2009 le traitement est le même que
celui qu’on appliquait pendant l’antiquité : on soigne le mal par le mal. Cependant, la guerre est tout de même moins présente que ces dernières années ; si on peut croire que les grandes nations
ont tiré l’expérience de l’histoire, cela n’apparaît pas comme étant le premier facteur de paix. En effet, le rapprochement des individus souvent séparés par des barrières de langues, de cultures
et d’éléments géographiques semble etre l’un des composants essentiels à la compréhension et à la tolérance. La dynamique commerciale a amené chaque individu a s’adapter en fonction de l’autre
pour échanger. Cette mondialisation commerciale à stabiliser des pays qui désormais pensent plus à s’enrichir qu’à s’étendre. Ainsi, le commerce semble être le remède préventif à la guerre. Le
commerce a conduit à une réduction des guerres en offrant un nouveau visage à la paix, mais ne peuvent ôter l’esprit conquérant des pays.
Alexandre le Grand et Jules César n’ont pas réussi à pérenniser leurs esprits. Les conquêtes se sont arrêtées et les conflits de territoires s’estompent bien que toujours présents. Les grandes
nations sont stables et elles n’ont plus d’intérêts à se livrer bataille. L’Europe qui s’est longtemps fait la guerre est aujourd’hui unie économiquement et tente de le devenir politiquement, de
nombreux organes mettent en relation des pays qui peuvent exprimer leurs désaccords au sein de l’ONU. Des pays comme le Costa Rica se sont même démilitarisés. Le sentiment d’invasion n’est donc
plus une menace aujourd’hui. De plus, dans une hypothétique nouvelle guerre mondiale, la puissance des armes notamment nucléaire dissuade les volontés. La baisse du sentiment d’insécurité a
entrainé un cercle vertueux : Les frontières étant pour la plus part définies, la guerre a donc moins d’enjeux aujourd’hui. De plus, si un État décidait de conquérir de nouveaux territoires il
prendrait le risque de s’opposer à l’ensemble des nations qui n’ont pas intérêt à permettre ce genre de réussites sous peine qu’elle se reproduisent. Mais dès lors, pourquoi les États
tiennent-ils tant à cette stabilité ?
Il est plus aisé de commercer en zone de paix qu’en temps de guerre. Selon Smith, chaque individu ou agent est égoïste dans leurs comportements, car ils recherchent leurs intérêts personnels.
Cette culmination permet d’atteindre l’intérêt général. De fait, les nations qui trouvent leurs intérêts dans ces échanges n’ont pas pour objectifs d’entrer en guerre avec leurs partenaires
auteurs de ces bénéfices. Cette coopération, source de croissance pour de nombreux pays à permis d’augmenter l’IDH des populations. La guerre intervenant en période de crise, ce relatif confort
n’incite donc pas les pays à risquer leurs acquisitions. Le commerce mondial, la « mondialisation » lie les pays par des contrats d’engagements mutuels et n’incite donc pas les États membres à
perdre en crédibilité en développant des conflits parce que d’une part, la guerre comme le commerce ont des objectifs similaires (ne dit-on pas que l’argent est le nerf de la guerre ?) et d’autre
part, cette multiplication des échanges soutenue par la force des NTIC créée une culture monde qui rapproche les individus et développe un sentiment d’appartenance.
Ainsi, ASEAN, Mercosur, Comecon sont des organismes internationaux crées en raison de la trop grande importance des échanges qui doivent être régulés. Ces impressionnantes créations parfois
fragiles ne risquent pas d’être déstabilisées par ses membres qui en usent pour poursuivre leurs croissances. Si on peut arguer que des unions commerciales ont toujours existé comme la route de
la soie(et donc ne permettent pas d’expliquer leurs capacités à instaurer la paix), l’impact global de la mondialisation conjointement avec les nouvelles politiques ont permis une élévation du
niveau de vie qui permet de poser les questions du bénéfice d’une guerre physique.
Max Weber a dit : « La guerre est inhérente à l’humanité et dois durer autant qu’elle. Elle fait partie de sa morale. » Certes aujourd'hui, les conflits globaux semblent écartés. Mais si la
conquête géographique n’est plus possible, ce n’est pas pour autant que certains ne souhaitent plus la faire. Dès lors, qu’elles peuvent être les nouvelles armes de ce conflit ? Le commerce par
sa nature concurrentielle est un combat ou une guerre économique. Les nouvelles armes sont les accords multilatéraux qui privilégient certains et défavorisent d’autres. L’animosité entre Cuba et
les Etats-Unies s’est traduit par des missiles « embargos » et des roquettes « boycotte ». ce combat économique est légitime puisqu’il n’y a pas d’armes, mais n’y a-t-il pas de victimes pour
autant ?
Les combats économiques que se livrent certaines nations dont les opposants les comparent à des mouvements impérialistes, entrainent des dégâts sur les populations. L’étendard du libéralisme
vertueux est souvent employé face à des nations qui n’ont pas encore la capacité de l’exploiter. Face à ces attaques économiques dont l’origine est plutôt difficiles à comprendre, les populations
non protégées se soulèvent dans de nouveaux conflits civils armés. Il est risqué d’intervenir auprès de ces populations sinistrées pour lesquelles les grandes nations annoncent être intervenues
pour une ouverture, une offre. La complexité des actions économiques protège donc leurs auteurs sous couvert d’anonymat. L’impact psychologique sur les populations victimes de la libéralisation,
se sentent dupées et entraine des soulèvements armés ainsi que de la méfiance auprès des autres nations.
Ce sentiment d’infériorité se traduit souvent par des réactions violentes pour des pays qui ne peuvent faire d’embargos ou de quotas tant leurs situations est dépendantes de ce système. Le
commerce crée de nouvelles guerres, c’est en lui même une lutte.
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